Saint-Thomas d'Aizier, par Luc Bonnin 2008


Publié le 07/08/2008  | Reportages |

La chapelle, le seul vestige de la léproserie qui est resté visible au fil des siècles, avant que les fouilles archéologiques ne révèlent les autres bâtiments ensevelis. Malgré l’abandon apparent du site, la chapelle est toujours restée un lieu de dévotion. Jusque dans les années 1960, un pèlerinage était organisé chaque année. La procession, précédée par les charités des villages alentours, partait du village où la messe était célébrée.

 

La légende locale raconte qu’il faut nouer la branche d’un coudrier ou d’un houx. Si le nœud résiste à l’épreuve du temps, le vœu est exaucé !

Cette tradition, probablement très ancienne (et sur laquelle peu de recherches ont été menées jusqu’à aujourd’hui), a évolué au fil du temps. La plus ancienne justification que la tradition orale ait rapporté se rapporte aux enfants rachitiques. Les vœux ont progressivement concerné les amoureux et les chances de réussite de leur union.

 

A l’initiative de Luc Bonnin (propriétaire du site) et de Bruno Penna, les fouilles ont commencé en 1998. Elles ont lieu chaque été, organisées par le groupe archéologique du Val de Seine, sous la direction de Marie-Cécile Truc. Après avoir étudié les circulations et les bâtiments du site, les recherches se sont concentrées depuis quelques années sur le cimetière (fouille CRAHM /CNRS / université de Caen sous la direction de Cécile Niel). La lèpre présente la particularité de laisser des traces sur les ossements.

 

 

 

Les objets découverts au cours des fouilles sont essentiellement des tessons de céramique qui permettent de dater la couche de terre dans laquelle ils se situent. Avec beaucoup de patience, il est possible de réassembler les tessons et de donner une forme aux objets. Ici, une sélection d’objets découverts au cours des fouilles, témoins de la vie quotidienne des habitants :

Une boucle de ceinture, deux oules du XIIIe siècle, une gourde crapaud du XVIe siècle.

Après quelques années de fouilles, le propriétaire du site (Luc Bonnin) en partenariat avec les collectivités locales, s’est demandé comment valoriser le site pour transmettre les résultats des recherches au public. Une première étape a été la mise en place d’un sentier de découverte du site. Progressivement les contours d’un projet plus ambitieux ont émergé. Porté par la commune d’Aizier, le projet devrait voir le jour d’ici 2012. Il consistera, tout en laissant le site toujours d’accès libre, volonté affirmée du propriétaire et de ses partenaires, à assurer un accueil durant la saison touristique avec des éléments d’interprétation, de restaurer les vestiges, de recréer l’écrin végétal endommagé par les fouilles, d’améliorer les circulations sur le site, notamment en le rendant accessible aux personnes à mobilité réduite.

 

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